Archives de catégorie : Politique

Qui conduit le Monde?

Discussion avec Gilles. Je parle de cette toute petite minorité qu’étudie Piketty. Ils ont le capital, passent d’un conseil d’administration à l’autre et disent aux politiciens ce qu’ils ont à faire. Gilles n’aime pas cette vision à odeur de théorie du complot. Il dit: « Oui, ces gros agitent le monde en tirant sur de plus grosses ficelles que nous. Ils ne savent quand même pas où ils vont. Aucune force humaine n’est actuellement capable de conduire le Monde ».

Je suis d’accord.

Comment faire mieux?

 

Certaines fourmis collaborent à une tâche qui les dépasse sans pour autant connaitre le but de leurs efforts. Ofer Feinerman de l’Institut Weizman en Israël nous expliquait comment leur système fonctionne lors d’un récent séminaire au DEE.

http://wws.weizmann.ac.il/complex/feinerman/research-activities

Capture d’écran 2015-04-14 à 15.48.32

Sur cette image et dans ce film, chaque fourmi est marquée et sa trace est enregistrée en couleur. Elles sont une 15-aine à porter un gros biscuit. Comment se dirigent-elles vers la fourmilière?

Le système fonctionne ainsi. Les fourmis se déplacent individuellement sur un chemin marqué d’odeur. Une fourmi allant fourrager rencontre un groupe portant une lourde charge. Elle se joint à l’effort. Elle sait de quelque côté il faut aller. Pendant quelques dizaines de secondes, elle utilise ses forces à tirer le fardeau dans la bonne direction. Après quoi, elle a perdu la mémoire de la direction. Elle cesse de vouloir aller quelque part, mais elle continue de porter. Entre temps, d’autres fourmis sont fraichement arrivées pour prendre la relève de l’impulsion directionnelle. Avec l’arrivée des nouvelles, les plus anciennes, partent vers d’autres tâches. Et ainsi de suite.

Ce système fonctionne pour les fourmis. La vulgate néolibérale prétend que la main invisible de l’économie a un effet semblable. C’est une tromperie que défendent ceux qui en tirent bénéfice.

Ce que dit Gilles – et moi avec lui – c’est qu’il n’y a pas d’algorithme pour faire marcher notre Monde.

Tant pis, tant mieux, mais il y a peut-être quand même une recette:
élargir son horizon et agir « evidence based ».

Pour le climat, contre la pauvreté.

Conférence annuelle de la DDC et du SECO.

Genève, le 29.08.14

L’organe.
Martin Dahinder, directeur sortant du Département Développement et Coopération (DDC) termine la conférence par un court exposé dont presque tous les mots m’ont paru juste, malheureusement le tout dans une parfaite  pâleur politique. Est-ce pour des raisons d’équilibre que le programme du colloque offrait à l’économie une place égale à celle de la société civile ? Oui, il est nécessaire que l’économie soit partie de l’aide au développement mais, non, il ne faut pas croire que le but de l’une est le but de l’autre. Lucy est d’avis que c’est le manque de vision politique de tous ces gens qui est en cause. Je me demande s’il n’y a pas quelque chose à comprendre dans le fait que Martin Dahinder quitte le poste pour devenir embassadeur de Suisse aux USA et qu’il sera remplacé à la tête de la DDC par celui dont il reprendra la place. Voila qui fait penser au jeux des chaises musicales des directeurs et administrateurs des grandes banques et firmes Suisses.

La fonction.
Comment notre société peut-elle devenir durable  et comment surmonter la pauvreté ? Le premier panel du programme offrait une bonne synthèse illustrant  l’incompréhension des protagoniste et le déséquilibre de leurs forces. Pour Nick Beglinger de swisscleantech , le problème est technique; une bonne taxe sur l’émission de CO2 pourrait avoir le meilleur effet. Pour Renc Orlana, ambassadeur de Bolivie à l’ONU, le problème est bien plus complexe, il s’agit d’humanité et de politique. En famille, nous croyons que le second à plus juste que le premier et, suivant Piketty, nous savons qu’il faudrait commencer par limiter la disparité entre riches et pauvres, valoriser les personnes et leur travail, dévaloriser le capital.

On cherche urgemment des gens généreux, intelligent et large d’esprit. Dur, dur et dur!

 

Contournement de Morges

Il y a quelques mois, malgré – ou si l’on veut, à cause de – mon incompétence, j’avais soumis aux membres du PS et des Verts morgiens une analyse des différentes variantes proposées pour l’autoroute de contournement de Morges. Depuis lors, une forte majorité morgienne se profile en une sorte d’union sacrée en faveur du « grand contournement avec piqure et déclassement de la traversée de Morges ». De plus, notre très compétent municipal Éric Zugger m’a apporté un bon nombre de précisions dont l’une me réjouit particulièrement : il n’est pas prévu de jonction au nord-ouest de Morges, vers la Vogéaz. Tant mieux, une belle plaine sera épargnée. Malgré tout cela, je suis de plus en plus mal à l’aise avec le projet. Plus j’y réfléchis, plus je vois les choses différemment. Je m’explique. Continuer la lecture de Contournement de Morges