Science-actualité. Juillet 2014

4.7.2014, Science 345 – rien de retenu

11.7. 2014, Science 345. 

– 153 – 181. Dossier AIDS

– 144-5. ENVIRONNEMENT. On connait la pollution du plastic par les morceaux qui trainent sur les plages, les effets néfastes sur les animaux marins et les concentrations dans certaines régions. Mais les gros morceaux se dégradent en petits morceaux que l’on voit beaucoup moins et dont on sait fort peu, car ils sont difficiles à observer (filets à crevettes => 5mm, plus petits : seulement l’observation très laborieuse des sédiments. >5mm, on en trouve jusqu’à 1/m2. Une chose et sure, plus ils sont petits plus ils peuvent être ingéré par des petits organismes et ainsi mieux entrer dans les chaines trophiques. Sont-ils plus réactifs par leur petite taille ? On ne sait pas. Bref, la pollution des microplastiques est probablement plus importante que celle des gros morceaux.

-128. ENVIRONNEMENT: un maxi réseau de canaux en Inde. Un vieux projet MRLP retenu sous Singh est réactivé par Modi. 15’000 km ; 174 km3 déplacés, 1/3 de ce que les USA prennent de leurs aquifères. 1/3 de surface irriguée en plus => 1.35 M km2, prendre de l’Himalaya pour le nord de l’Inde peut faire sens, mais les grands déplacements du sud de l’Inde semblent bien étrange. Comment s’entendre avec les pays du nord ? Comment s’entendre entre états de l’Inde ? La volonté du gouvernement se verra le mois prochain dans le budget. Quoi qu’il en soit, il faut agir. 250 km  sont extraits des nappes phréatiques indiennes annuellement et le déficit de la recharge est épouvantable. Voir 0500_Gleeson_Nature_2012_groundwater footprint 

– 141-142. MÉDECINE. L’hépatite C a infecté 185 M  induisant (effet retardé) 0.5M †/an. Il existe depuis peu des médicaments bien tolérés et efficaces à 90%. Aux USA, le traitement coute ≈70k$. Il pourrait être produit à ≈100$. Il y aura ≈6M† supplémentaires s’il faut attendre les 15 ans de validité des brevets pour baisser les prix. Pour le SIDA, il a fallu 15 ans pour faire passer le prix d’un facteur >100, mais quelle lutte !  pourra-t-on faire plus vite cette fois ? Quelques pays (l’Inde) commencent à devenir impertinents avec les règles libérales en invoquant « l’urgence médicale nationale ».

 

18.7. 2014, Science 345, 6194

– 244 – 5. SANTÉ. Méta analyse de nourriture organique en GB (343 études). En gros, ça marche. Moins de pesticides (c’est normal), mais aussi moins de métaux (Cd) et plus d’antioxydants (=>70%). C. Leifert, British J Nutrition.

– 247 – 8. BIOSÉCURITÉ. J.Cohen, Alarm over biosafety blunders. Ça ne va pas du tout. Trois cas inadmissibles ces derniers mois. 1) Envoi par CDC (Center for disease control and prevention) d’un échantillon soi-disant non pathogène, mais contaminé par le H5N1 de la grippe aviaire.  2) Envoi par CDC d’anthrax qui n’ont pas été correctement inactivés. Dans les 2 cas, l’annonce de l’erreur a mis longtemps. Frieden, directeur du CDC ferme les 2 labos responsables et impose un moratorium pour l’envoi de tous pathogène BSL-3 et 4 par le CDC. 3) 6 tubes contenant le virus de la variole datant de 1954 découverts dans un frigo du NIH à Bethesda et retourné le 7.7, dans un BSL-4 du CDC d’Atlanta par le FBI en avion spécial. Frieden annonce l’intention de diminuer drastiquement le nb de BSL3 et 4 (aux USA : 415 en 2004, 95 en 2010) et le nombre de personnes qui y travaillent. BSL : biosecurity lab. Niveau 4=max.

Conclusion : 

1) il faut limiter les expériences « gain of function ». Voir http://www.cambridgeworkinggroup.org 

2) il faut repenser les labos de sécurités qui sont eux-mêmes une source de danger. JD le dit depuis longtemps. 

– 262. UN LIVRE, MIND. N. Epley. Mindwise. Nous communiquons – mal – parce que nous projetons en lui nos propres visions et représentons l’autre comme il n’est pas. Comment faire mieux. Essayer de se mettre à la place de l’autre. Bonne idée, j’y travaille, mais l’autre est bien souvent mystérieux – ∏ par exemple.

– 325 – 328. SÉCURITÉ ALIMENTAIRE. West et al. Leverage points for improving global food security and the environment. Énorme source de données (surtout dans le complément) sur la production agricole dans le monde, ses besoins et ses effets sur l’environnement. Les 17 productions majeures sont considérées, dont le coton. Elles représentent 58% de la surface agricole et 86% de la production calorique mondiale. Mais elles couvrent 95% de la surface irriguée, consomment 92% de l’eau  d’irrigation et ≈ 70% du P et N. L’article montre quelles actions spécifiques (nature et lieu) auraient le plus grand impact pour augmenter la production de nourriture. E.g. supprimer le « Diet gap », c’est-à-dire toute la production agricole qui sert autre chose que la nourriture humaine directe (élevage, biocarburants), couvrirait les besoins de 4 milliards de personnes (+70%). L’article propose une flopée de tels exemples. Bref, l’article indique quoi et où obtenir le meilleur effet pour le moindre effort.

C’est bien, il faut connaitre ces données pour agir intelligemment,  mais il reste l’« action gap » ; comment faire pour réaliser ces actions. Lucy insiste sur le fait qu’il faut d’abord donner les moyens d’être intelligent : capacité individuelle et gouvernance correcte. 

 

25.7. 2014, Science 345, 6195

– 376 – 378 ; 392 – 412. PRÉSERVATION DE LA NATURE. Une série d’article qui met en relation la protection de la nature et de la biodiversité avec les conditions de vie des personnes des régions concernées. « Leader ship must move beyond superficial reactions to elephant and rhino poaching and consider the complicated fate of the billions of people who rely on our planet’s rapidly disappearing wildlife for food and income » (p 378).

– 414, 448 – 451. FRACKING. Il faut voir la très belle carte de sismicité des USA dans le No de la semaine passée (p. 244). On y voit par exemple, juste entre l’Oklahoma, le Kansas, le Missouri et l’Arkansas, un remarquable hot-spot, aussi rouge que le plus beau rouge de la Californie ou l’Alaska. Étonnant ! Il est aussi dit que cette carte ne tient pas compte de la sismicité induite. C’est quoi, ça ? Réponse dans le no de cette semaine. Keranen et al. Sharp increase in central Oklahoma seismicity since 2008 induced by massive wastewater injection. On apprend qu’il y a, là bas, de très nombreux puits de fracking qui, depuis 2008 – 2013 ont accru le nombre de tremblement de terre >3 de 45%. Quatre d’entre eux sont responsables de près de la moitié de cette augmentation avec des effets jusqu’à 35 km. Va-t-on vers une catastrophe induite ou travaille-t-on au désamorçage d’une catastrophe en formation ?

 

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