La médaille EMBL

20 nov. 2014. Gareth Griffiths vient de m’avertir que j’ai été désigné pour la médaille EMBL à laquelle il m’avait convaincu de proposer ma candidature. Je me donnais 20% de chance.

Un prix annuel a été créé cette année à l’occasion du 40e anniversaire du EMBL pour récompenser un travail fait dans cette institution. J’ai été désigné comme premier recipiendaire.
C’est un beau prix. Il y aura une belle fête à Heidelberg le 10 juillet 2015. Vous imaginez mon plaisir.
L’histoire est intéressante.
1) Notre travail qui a conduit à la méthode de la vitrification en couche mince a été fait de 1978-84. Depuis lors, le nombre de personnes qui utilisent la méthode a crû de manière exponentielle. Pendant  les 10 premières années, nous nous comptions sur les doigts, après 20 ans, nous étions peut-être 100, maintenant il est dit qu’ils sont entre 1000 et 2000. La méthode n’a pratiquement pas changé depuis le début mais les résultats obtenus se sont extraordinairement améliorés. Notre première reconstruction 3-dimensionnelles avait une résolution de 35Å. Maintenant, ils sont à 3.5Å, c’est à dire que l’élément de volume résolu est 1000 fois plus petit. Ceci  a été possible gràce aux magnifiques progrès du traitement de l’information et, depuis 4 ans, l’arrivée de nouvelles caméras dont les possibilités pratiques ont surpris tout le monde. Bref, notre travaill d’il y a 30 ans prend sa pleine valeur maintenant grâce à 30 ans de progrès dans d’autres domaines.
2) À l’époque j’avais bien conçu et conduit notre projet de recherche et bien catalysé le travail de mes collègues, mais la méthode primée a éré rendue possible par deux découvertes: la vitrification de l’eau par Alasdaire McDowall, et la préparation d’un film d’eau auto-portant, facilement vitrifiable par Marc Adrian. Ces deux choses étaient considérés comme impossibles. Mon rôle à consisté à aplaudire quand mes collègues l’ont fait.
3) Si vraiment, la résolution de 3.5 Å obtenue maintenant par les meilleurs groupes équipés des meilleurs microscopes et caméras, devient le standard de la cryo-microscopie électronique, cela sera une profonde révolution en biologie structurale moléculaire. On le saura assez vite et on verra la suite.

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