Pourquoi Trump?

– Lutte des classes, Piketti, Marx: les riches qui accumulent de plus en plus et les autres, laissés pour compte. Y’en à marre.

– Les étrangers: marre des noirs, des latinos, de tous ces gens pas comme nous, marre d’un métis à la présidence et d’une femme pour le remplacer.

– Le web, qui a donné la parole aux médiocres sur les réseaux sociaux devenus caisse de résonnance des idées primitives. Je pense aux hommes de ma section au militaire. Une bonne moitié étaient vraiment très médiocres. La politique était hors de leur pensée et ils ne votaient pas. Il suffit alors qu’un Blocher vienne leur donner l’illusion d’être dans quelque chose, et c’est parti.

– Les femmes qui votent Trump. Là, j’ai de la peine. Le machisme est-il épicène?

– Et puis, j’ai mon analyse de la  mondialisation qui fait chanceler l’ensemble des organisations sociales et des gouvernances. L’égoïsme du moi libéré s’étale.

 

En face,  une offre sans idéalisme et sans espoir, seulement portée par la politique manipulatrice du grand capital. Sanders aurait-il réussi?

 

Je lis: Badinter, E., & Badinter, R. (1988). Condorcet (1743 – 1794). Un intellectuel en politique. Paris: Fayard. Mon voisin Jacques lit un roman sur la Révolution française.

Il constate. À cette époque, le roi était pour l’ennemi reconnu du peuple. Pourtant, il se donnait de la peine pour sauver les meubles dans un système pourri mis en place par Louis XIV. À pat lui, il y avait aussi les Parlements formé de petits nobles ou bourgeois ± proches du roi. Ils entérinaient sans broncher les décisions de celui-ci et y ajoutaient une couche ultra conservatrice. Réaction primitive classique, la foule haïssant et craignant le roi croit voir le sauvetage dans les Parlements et s’y accroche sans voir qu’ils les conduisent à la catastrophe. Le livre de Jacques L. et le mien constatent que ce mouvement populiste a été catastrophique pour la révolution.

 

Mais où donc est passée la gauche?

Faire ensemble signifie avoir un projet commun. Il faut de l’idéalisme, une idéologie, une utopie même.  Gilles et Lucy disent qu’il faut un narratif. Le mot est à la mode, mais attention à la dérive: « Ce ‘n’est pas ce que l’on fait qui compte, c’est l’histoire, la façon dont on la raconte pour la faire savoir… (Yves Duteil).

La monarchie absolue de Louis XIV pouvait être vue comme une idéologie à peu près autant que peut l’être une religion autoritaire. De plus elle était pourrie dans son fondement, car elle asservissait les individus au lieu de les dynamiser dans un projet commun. Le communisme était une vraie idéologie avec sa belle dose d’utopie qui finalement à viré à peu près comme la monarchie absolue, en plus cruelle toutefois.

Aujourd’hui, c’est le projet néolibéral qui monopolise le terrain. Son principe est « chacun pour soi » pour ceux qui peuvent en profiter. Pour les autres, c’est de se faire exploiter. C’est l’individualisme écrasant tout projet commun. Le néolibéralisme a aussi son narratif: l’intérêt individuel s’identifie à l’intérêt collectif. Qu’il puisse y avoir des philosophes qui le défendent me dépasse.

La gauche de chez nous semble éteinte. Au RBI le PSS préfère 10% d’augmentation de l’AVS et le reste de son projet est du même tabac. Idem en Europe. Les Verts sont peut-être ceux qui gardent une certaine idéologie, malheureusement trop partiel par nature. Podémos ou Sanders sont-ils une lueur d’espoir?
L’un dans l’autre, quelle misère!

 

Et pourtant, nous, les gens, les gens normaux comme la plupart d’entre nous, nous aspirons à un monde harmonieux pour tous et nous serions prêts à nous engager pour cette utopie. Il suffirait d’y croire, mais nous n’y croyons pas parce que nous croyons que nous ne savons pas comment faire.

Et pourtant, les solutions sont à portée de main. Jje ne développe pas, d’autres ont l’ont déjà fait et tellement mieux, par exemple Monbiot (Monbiot, G. (2003). The Age of Consent: Harper Perennial.)

Que manque-t-il donc?

D’abord, il manque d’être au clair sur nos valeurs, les nôtres, ici et aujourd’hui, celles qui peuvent nous faire vivre harmonieusement et marquer le chemin vers cette utopie que nous appelons tous de nos voeux.

Et pourtant, ce ne serait pas difficile. Les ingrédients sont là; comme c’est le cas pour une mayonnaise, il suffit de la faire prendre.

Je crois que ça peut venir. Il faut y travailler. J’essaie.

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