Archives par mot-clé : biologie

Juillet 2017, les lectures scientifiques de Jacques

Ce mois, je note en particulier.
 – la structure moléculaire du filament d’Alzheimer résolue par cryo-microscopie électronique, peut-être une étape vers une solution.
– 13.07. p. 191. Quelques éléments pour imaginer comment l’interféromètre LIGO (des ondes gravitationnelles) détecte une variation de longueur cent-mille fois plus petite qu’un atome.
–  p. 236 – 245. Un modèle liquide pour la chromatine; notre idée de 1986 rajeunie.
– 20.07. p.275. La banquise antarctique semblait résister à l’échauffement climatique. C’est du passé. Voir: https://giphy.com/gifs/l4FGvnz3Bn4JKbSYU
p. 293. Le ribosome et son étrange constitution: c’est naturel, on nous l’explique élégamment.
p. 336. Quel est le rapport entre le nombre de pas que nous marchons chaque jour et l’obésité. Analyse de 700’000 personnes dans 111 pays. Surprenant résultat.

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GOF, pourquoi des virus plus dangereux ?

GOF, gain-of-function-research, vise à explorer comment des organismes pathogènes pourraient devenir plus dangereux encore. Cette recherche pourrait être utile; elle pourrait aussi être dangereuse. Le débat est ouvert. Le point avec un article pour la lettre No. 23 du GIPRI.

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Les souffrances de l’interdisciplinarité (3) : Emergence et développement du langage humain

Nicolas Duruz m’a soumis l’article suivant pour lecture et discussion.

Lassègue, J., et al. (2009). Économie symbolique et phylogenèse du langage. L’Homme. Editions de l’E.H.E.S.S. 192: 67 – 100

Il est disponible en ligne à l’adresse :

http://www.cairn.info/revue-I-homme-2009-4-page-67.htm.

Du résumé des auteurs je tire en particulier :

  • L’évolution en direction des langues modernes est intimement liée à l’émergence de nouveaux systèmes sociaux et symboliques, incarnés dans de nouvelles pratiques.
  • Le « symbolique » ne relève pas d’une compétence privée engendrée par une capacité cérébrale, couplée à des contraintes environnementales. Le « symbolique » repose intrinsèquement sur une activité sémiotique publique, qui constitue un objet d’intérêt en soi.

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Transcendance

Alison Jolly est morte le 6 février. Il est bon de se souvenir d’elle [1].
Figure 1
Alisson Jolly
Primatologiste remarquable, elle a mis en évidence, dès les années 60, chez les lémurs de Madagascar, une organisation sociale où les femelles sont dominantes. Avec son mari, économiste du développement, elle s’est engagée pour qu’il soit tenu comptes des populations locales et de leurs besoins spécifiques dans les politiques de développement durable. Avec lui, elle a aussi eu 4 enfants – et autant de petits-enfants – pour lesquels elle a écrit une collection d’histoires illustrées. Pas mal ! Ici nous voulons retenir une autre de ses contributions. À une époque où l’idée générale voulait que « l’outil fait l’homme », c’est elle qui, dès le début de son travail, a promu l’idée que la socialisation est le moteur de l’évolution humaine (Jolly 1999). L’idée vaut la peine d’être suivie. Résumé : Nous posons une hypothèse : l’émotion transcendantale est dans la nature humaine, comme l’est, par exemple, la compétence à acquérir le langage. Nous verrons : (i) l’origine évolutive de cette faculté; (ii) en quoi agit-elle ici et maintenant ; (iii) quelles conséquences devons-nous en tirer ? Continuer la lecture de Transcendance

La poule et l’oeuf

Il y avait discussion. L’un trouva mauvais l’argument de l’autre. Il le disait circulaire, il citait la poule et l’œuf. Pour l’argument, nous y reviendrons mais pour la poule, j’ai une remarque.
La poule fait l’œuf qui devient poule, qui fait l’œuf, etc. Passons, y’a rien à dire, l’affaire est vue!
Oh que non point! Elle est mal vue, il manque un détail. La poule fait l’œuf, qui devient poule, qui rencontre un coq… C’est ainsi que, mine de rien, la poule se trouve liée à 4 milliard d’année d’histoire et à l’ensemble de la vie.
C’est aussi comme cela, qu’avec une métaphore, on peut faire n’importe quoi. MISS (make it simple and stupid) impressionne et tant pis pour ce qui se perd. Le populisme en fait son beurre.

The Wonder of the Commons

Pour y penser, nous avons:
– Harding (1968) The Tragedy of the Commons.
– Le cours de même intitulé organisé par Christine Clavien à l’UNIL cet automne.

Le problème est que les gens se disputent les biens communs au lieu de les faire fructifier ensemble.

On peut, en effet, considérer les choses de cette façon, mais une vision évolutive comme une vision historique montrent plutôt le contraire. Considérant d’où ils viennent, je trouve plutôt  étonnant et admirable que les humains collaborent si bien. Affaire de verre à moitié vide ou à moitié plein. Continuer la lecture de The Wonder of the Commons

L’espèce en biologie: une histoire de sexe.

Ça n’est pas ce qui est qui compte,
C’est l’histoire,
C’est l’histoire,
La façon dont on la raconte
Pour le faire savoir.

Selon Yves Duteil

J’apprécie le groupe ∏ pour la culture de chacun et la bienveillance de tous. Récemment, nos réflexions se sont d’avantages tournées vers la biologie. Nous discutons de questions telles que: « Qu’est-ce que la vie ? », ou « L’épigénétique donne-t-elle raison à Lamarck contre  Darwin? »  Lors d’une des dernières rencontres, nous avons parlé d’espèces et j’ai cru comprendre que, pour plusieurs d’entre nous, le concept semble être un construit culturel plus qu’une réalité naturelle. Cela n’est pas une surprise, à ∏, le mot devient souvent le fait. La tendance est semblable dans le livre de Kupiec (2013) sur lequel Françoise a attiré notre attention. Pas de surprise là non plus, le sujet annoncé porte sur l’histoire et ses débats.

Dans ce qui suit, je vais essayer de ramener le mot à son concept et de montrer que, chez les eucaryotes qui se reproduisent sexuellement, il s’agit d’une solide réalité naturelle. Continuer la lecture de L’espèce en biologie: une histoire de sexe.

J’ai lu Kuipec

Ça n’est pas ce qui est qui compte,
C’est l’histoire, c’est l’histoire ,
La façon dont on le raconte
Pour le faire savoir.

D’après Yves Duteil

19.11.13.

Bonsoir à tous,

C’est la deuxième fois que je manque notre réunion ∏. Pour ne pas être complètement absent de la précédente rencontre, je vous avais fait parvenir quelques réflexions sur la question « qu’est-ce que la vie » en attendant de lire le livre « Kupiec, J.-J., Ed. (2013). La vie, et alors? Paris, Belin » que nous conseille Françoise.

Aujourd’hui, ayant lu le livre, je vous fais part de la réflexion qu’il m’inspire. Continuer la lecture de J’ai lu Kuipec

Recenssion avec suite: Azar GAT, War in Human Civilization (2006)

Au Biophore, le bâtiment de biologie de l’UNIL, j’occupe la chambre attenante à celle du professeur Laurent Lehmann, dont la spécialité est la modélisation de la coévolution des gènes avec le comportement social. Par exemple, il cherche à comprendre ce qui fait évoluer les sociétés vers des formes pacifiques ou, au contraire, des formes violentes. Cette approche évolutionniste est remarquablement fructueuse. En particulier, elle a permis de sortir du vieux débat stérile entre hobbésiens (l’homme est mauvais, la société peut le contrôler) et rousseauiste (l’homme est bon, mais la société le pervertit) en remontant aux racines de ces deux parts de vérité. Laurent est sympa, il discute volontiers. Il me donne aussi à lire, par exemple, le livre de Gat dont il est question ici qui trace une vaste fresque de l’histoire humaine à travers le phénomène guerre. La largeur de vue et l’ampleur du savoir est de la veine de « Guns, germs and steel » de Jared Diamond (Diamond 1998). J’ai fait du livre de Gat une courte recension actualisée à ma sauce pour la 19e lettre du GIPRI. Bonne lecture ! Continuer la lecture de Recenssion avec suite: Azar GAT, War in Human Civilization (2006)